Mairie de VALDERIES

Alain Salles, auteur d’un ouvrage remarquable intitulé 41 valdérois morts pour la France 1914-1918

lundi 16 mars 2015 par Pierre RICCA

En novembre 2014, au cours de l’année du centenaire du début de la Grande Guerre, Alain Salles, 71 ans, retraité demeurant à Valdériès, a publié son livre intitulé « Quarante et un valdérois morts pour la France 1914 – 1918 ». Cet auteur, natif des hauts cantons de l’Hérault, installé à Valdériès depuis 1972, a débuté comme enseignant avant de devenir employé de banque. Nous l’avons rencontré pour faire plus ample connaissance avec lui et pour connaître les motivations qui l’ont amené à écrire ce livre. Nul doute que la réalisation d’un tel ouvrage a dû nécessiter un travail de recherches énorme dans diverses régions de France, recueil d’informations ponctué de difficultés, de découvertes de documents très intéressants mais aussi de constatations d’erreurs et parfois même d’oublis. Il a bien voulu répondre à nos questions et nous faire part de ses projets. Le Tarn Libre : Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur les poilus de Valdériès morts pour la France et quelles ont été vos motivations ? Alain Salles : J’ai toujours été très curieux. Je fais beaucoup de généalogie et je suis passionné par les recherches, pas seulement par celles intéressant l’histoire mais surtout par celles qui concernent les histoires locales. D’ailleurs, après avoir fait partie du centre d’animation de notre village devenu à présent le centre social, je suis également membre de l’association « Les Amis du Puy Saint Georges » chargée notamment de la restauration de l’église située sur les hauteurs de ce lieu-dit et membre du centre de recherches du patrimoine de Rieumontagné (CRPR) de NAGES. Il y a quelques années en arrière, participant à une cérémonie du 11 Novembre devant le monument aux Morts de Valdériès et voyant les enfants de l’école énumérer à tour de rôle le nom des tués, j’ai eu l’idée d’effectuer des recherches sur les circonstances exactes du décès de ces poilus. Il s’agissait pour moi d’avoir une meilleure connaissance de ces héros qui ont donné leur vie pour notre liberté afin d’en informer la population locale et les jeunes générations. Et pour conserver et transmettre cette mémoire, il me fallait publier un livre. J’en avais parlé à l’époque à André JEAN, aujourd’hui décédé, qui était alors président de l’association des anciens combattants du secteur. Il m’avait conforté dans cette décision de publication. LTL : Pouvez-vous nous détailler votre énorme travail de recherches avec ses difficultés et ses découvertes ? A.S : Mes recherches ont débuté en 2009 et ont nécessité 4 années pleines de travail. Le recueil des informations m’a obligé à sillonner la France en camping-car pendant plusieurs semaines (Grenoble – Région Parisienne - Cherbourg – Caen etc..) pour me rendre aux diverses archives, dans les mairies, dans les tribunaux civils (pour les poilus disparus) et dans les cimetières militaires. Au début, j’ai rencontré pas mal de difficultés pour la consultation des registres matricules qui ne figuraient pas encore sur Internet tout comme les journaux de marche et des opérations des régiments (JMO). Encore couverts par le Secret Défense, ils ne pouvaient être consultés qu’à la condition d’obtenir une dérogation auprès de la direction des archives départementales pour les premiers, ce qui n’a pas toujours été le cas, ou me déplacer aux archives militaires de Vincennes pour les seconds. A présent, la tâche est plus facile grâce à la numérisation et mise en ligne des documents et à l’existence du site « Mémoire des Hommes ». Je tiens à souligner que dans les familles de ces soldats, j’ai toujours eu un accueil chaleureux et ceci m’a impressionné. Les documents présentés m’ont fourni de nombreux renseignements. Par exemple, dans de vieilles boîtes à chaussures renfermant encore des cartes postales, du papier et des crayons, j’ai pu exploiter des lettres anciennes (censurées au moment de l’envoi) écrites par les soldats (par eux-mêmes ou sur demande par des camarades) à leur famille dans lesquelles ils se souciaient moins du danger de la guerre que de la bonne marche de leur ferme. Sur les vieilles photographies de poilus en uniforme, établies sous le format de carte postale et mentionnant le nom et la ville du photographe, j’ai pu retrouver le régiment d’appartenance grâce au numéro de ce dernier figurant sur le revers de la veste militaire. Mes recherches m’ont permis également de découvrir que des militaires morts pour la France n’étaient pas inscrits sur le bon monument et qu’un poilu avait même été oublié sur celui de Valdériès. LTL : Comment avez-constaté cet oubli ? A.S : Les maires étaient chargés de prévenir les parents des tués. A la fin du conflit, les municipalités ont été dotées de listes officielles des morts pour la France appelées « Livres d’Or ». Après comparaison des noms inscrits sur le monument de Valdériès et sur le Livre d’Or de la commune, je me suis aperçu que le nom du soldat Cammas, Raymond, Jérôme figurant sur ce livre n’était pas inscrit sur le monument. Cet appelé du contingent, né le 16 juillet 1891 à Valdériès est décédé le 09 févier 1919 à l’hôpital militaire de Belfort des suites de maladies contractées en service. A présent cet oubli sera réparé, c’est important pour sa mémoire et pour sa famille. LTL : Quelles sont les personnes qui vous ont aidé sur les plans matériel et financier ? A.S : Je remercie tous les permanents et bénévoles de la médiathèque du Centre Social de Valdériès qui m’ont aidé à la réalisation de cet ouvrage, mais aussi toutes les personnes qui m’ont permis de recueillir les divers documents et informations. A la médiathèque, nous avons travaillé en équipe, dans une bonne ambiance. Cette nouvelle expérience dans l’édition a satisfait tout le monde. Des personnes en insertion ont accepté dans le cadre de leur formation informatique à saisir du texte. L’imprimerie numérique nous a permis d’éditer ce livre en 250 exemplaires et ce à un prix abordable. Par ailleurs, cet ouvrage a obtenu la reconnaissance de la Mission Nationale du Centenaire et reçu le prix « Coup de cœur du jury Mémoire Vive 2014 » avec remise d’une subvention de 780 € de la part de la CARSAT de Midi-Pyrénées. LTL : Qu’avez-vous retiré de cette expérience ? A.S : Pour moi, elle a été très enrichissante car elle m’a permis de nouer des contacts intéressants avec les gens, tant au moment des recherches qu’à celui de la souscription. Il y a un suivi et une suite à mon ouvrage. A l’école, les enfants préparent un petit concours artistique sur le carnet d’un poilu et il est agréable de pouvoir parler avec les jeunes de certains aspects du service militaire comme par exemple le conseil de révision. LTL : Quels sont vos projets ? A.S : J’ai l’intention de réaliser 3 livres, un concernant l’histoire de ma famille, un second relatant la vie et les œuvres du peintre valdérois Jean Arnaud et enfin un troisième sur l’histoire de Valdériès en 1914 qui s’inspirera du manuscrit d’un instituteur de l’époque nommé Paul Molinier, document détenu par les archives départementales. Un grand bravo à Alain Salles qui, par son travail, permet de disposer d’un excellent témoignage de notre histoire locale facilement transmissible tout en contribuant à faire vivre le devoir de mémoire. Il est rappelé que son ouvrage est toujours en vente à la médiathèque de Valdériès (tél : 05 63 56 55 88) au prix de 25 €.

Propos recueillis par P.Ricca

Portfolio



Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 272978

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d

Administrateur du site : Claude KROUK

     RSS fr RSSPresse RSSTarn Libre   ?